Bouchayer-Viallet se situe à l’entrée Nord-Ouest de l’agglomération grenobloise entre deux quartiers que sont Berriat et St Bruno à la forte identité. Le site est proche de grands axes de communication. Il est souvent considéré comme un « symbole de l’industrialisation » grenobloise liée à la Houille-Blanche », selon Hervé Bienfait et un « symbole de l’urbanisme » selon Jean Guibal ancien Conservateur en chef du Patrimoine et Directeur de la conservation du Patrimoine en Isère. Lorsqu’on arrive dans le quartier Berriat, on voit directement les traces de l’ancien berceau industriel qu’était le site. L’alignement d’habitations ouvrières rue de Bourgogne et rue Debelle par exemple en témoigne, ainsi que les hôtels particuliers usiniers de style moderne sur le Cours Berriat.
Les évolutions successives du site se font aussi beaucoup ressentir ; le quartier « populeux » et ses immeubles ouvriers de 1900 ont fait place à des immeubles HLM et à des alignements de villas de cadres et de nouveaux ateliers comme Lustucru (aujourd’hui disparu). Ces bâtiments sont des témoins de la mode architecturale de nombreuses époques. Et c’est en quoi ils constituent aujourd’hui un patrimoine varié et hétérogène digne d’intérêt.
Le Magasin fait partie de ce site prestigieux et je souhaite parler de ses aspects patrimoniaux et de sa réhabilitation.
ARCHITECTURE
Le lieu dispose d’une superficie de 900 mètres carrés, une longueur de 70 mètres et une hauteur de 20 mètres à son plus haut point.
Cet espace géant vaste et clair – comme un pont temporel entre passé-présent-futur – représente l’essence de l’architecture industrielle et fonctionnelle de la fin du XIXe siècle. C’est une trace industrielle du passé grenoblois, et même si rénové il garde des traces (coulures, fissures) comme des « fragments de passages antérieurs ».