
A chaque moment dans notre vie, nous pouvons avoir des difficultés pour nous déplacer et le quotidien n’est pas toujours facilité quand les aménagements urbains et architecturaux ne sont pas adaptés. Il suffit d’une marche trop haute, d’une rambarde mal placée…
Lorsque nous parlons d’accessibilité, la première idée que nous avons « ça, c’est pour les personnes handicapées ». Notion à revoir, car nous pouvons tous être en situation de handicap. Cela ne s’arrête pas non plus aux problèmes physiques perceptible grâce à un fauteuil ou une canne blanche. Il existe de nombreux handicap peu visible voir invisible : mutisme, surdité, différents déficits mentaux... Il ne faut pas oublier les problèmes qui peuvent se poser durant la vieillesse, mais aussi quand une femme est enceinte, ou utilisant un landau. Nous pouvons même avoir des difficultés lorsque nous sommes dans un pays étranger : lire les panneaux d’indications, se repérer dans la ville, tout ceci n’est jamais facile.

Pendant longtemps, les architectes et les urbanistes ont tout réalisé selon un modèle standard de l’homme jusqu’au années 1960 environ. C’est à cette période que l'on a pu voir apparaître les premières réflexions sur l’accessibilité, notamment dans les pays nordiques.
Nous sommes passés alors du concept de l’homme modèle, au dessin adapté, pour devenir le dessin accessible dans les années 1970 (idée de construire sans barrière). Pour finir, les travaux se font aujourd’hui autour de l’idée du dessin universel, né dans les années 1980 en Europe.
Qu’est-ce que le dessin universel ? Une doctrine se développant autour de 7 éléments clés :
1/ usage équitable
2/ flexibilité d’emploi
3/ simple et intuitif (facile à comprendre)
4/ information perceptible
5/ diminution des risques
6/ effort physique faible
7/ dimension et espace pour l’approche et l’usage
En France, un autre concept apparaît également avec Régis Herbin, qui crée la démarche HQU (Haute Qualité d’Usage). Il reprend l’idée du concept HQE, en restant dans la continuité du dessin universel, et en replaçant l’homme au cœur des usages du projet.
Pour rechercher cette qualité d’usage, il faut bien entendu respecter les normes mais pas que. En effet, il faut développer le confort d’usage sur 5 plans différents :
-PHYSIQUE (la mobilité, l'aisance du déplacement, l’atteinte, la préhension)
-SENSORIEL (le visuel, l’acoustique, le tactile, l’olfactif)
-MENTAL (le repérage, l’orientation, la communication, le ressenti, la
simplicité, la mémorisation, la temporalité)
-PRÉVENANCE (la protection, la sécurité, le repos et la non fatigabilité,
l’équilibre, l'énergétique et le sanitaire)
-ADAPTABILITÉ (la durabilité et la pérennité, l’évolutivité, l’appropriabilité, la
polyvalence d’usage)
Dans l’HABITAT, les normes sont strictes et doivent être respectées depuis la loi de 2005 sur l’accessibilité. Un constat s’est fait : la question du vieillissement de la population qui entraînera beaucoup d’entre nous à avoir des difficultés dans nos déplacements, dans la communication avec l’extérieur, dans notre quotidien en général...
Aujourd’hui, le désir est d’avoir un logement adaptable, adapté et accessible. Un logement accessible a un accès aisé pour tous, y compris pour les personnes à mobilité réduite (PMR). Un logement adaptable tient en compte dès le départ du fait que nous sommes tous susceptibles de devenir PMR un jour. Un logement adapté doit correspondre et répondre aux problèmes que peut connaître la personne selon son type de handicap.
Pour ce qui est de l’URBANISME, même si les normes existent, nous sommes beaucoup plus dans l’expérimentation selon le contexte. Il est souvent difficile aussi de répondre à TOUS les types de handicap. Très souvent, nous pouvons voir qu'il a toujours des aménagements adaptés à un handicap. Par exemple, même si les aménagements ne sont pas parfaits, la ville de Bratislava travaille beaucoup sur l’accessibilité pour les malvoyants. A Grenoble, les enjeux se sont beaucoup plus tournés sur les personnes en fauteuil jusqu’à mettre en place des trams et les bus adaptés.



Pour compléter toutes ces informations, l'accessibilité en ville recoupe différents champs d'actions. Cela peut passer par traitement des sols. Avec les sens, le bois, l'acier ou la pierre ne donne pas les mêmes perceptions auditives, mais aussi visuelle. Ce sont aussi des obstacles qui peuvent donner la ville, verticaux comme horizontaux : poteaux, pilonnes, pierres, trous... C'est ainsi produire et fournir des mobiliers urbains adaptés. A cela vient s'ajouter tout le questionnement des franchissements et des noeuds d'articulation: de routes, mais aussi entre l'intérieur et l'extérieur
Pour conclure, rendre la ville accessible n’est pas seulement respecté les normes basiques. C’est avoir une réflexion plus poussée, en expérimentant et en cherchant à répondre à de nombreuses questions, tout en sachant que la ville parfaite n’existe pas et qu’il faut également faire des choix.
C’est un travail de longue haleine, pouvant durer des années.
Écrit par : Charline S.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire